Gemini peut désormais téléphoner à votre place — mais pas en France

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 11:46
Gemini peut désormais téléphoner à votre place — mais pas en France

Google vient de lancer Call For Me, une fonctionnalité qui laisse Gemini passer des appels téléphoniques à la place de l'utilisateur. Pour l'instant réservée aux propriétaires de Pixel 11 aux États-Unis avec un abonnement Gemini payant et l'application Phone by Google en bêta publique, elle n'a aucun calendrier de déploiement annoncé pour la France.

Ce que fait Call For Me

L'idée est simple : on décrit à Gemini ce qu'on veut obtenir — réserver une table, reporter un rendez-vous médical, vérifier la disponibilité d'un produit — et l'IA se charge d'appeler à la place. Elle demande une confirmation avant de composer le numéro, puis passe l'appel. Dès le début de la conversation, elle se présente explicitement comme un assistant IA agissant pour le compte de l'utilisateur.

Pendant toute la durée de l'appel, une transcription en direct s'affiche sur l'écran. Il est possible de reprendre la main à tout moment. Une fois la conversation terminée, Gemini fournit un résumé et l'intégralité du dialogue écrit. Google précise d'ailleurs de ne pas confier à la fonctionnalité des appels à enjeux élevés, mais de la réserver aux tâches du quotidien.

Des garde-fous anti-fraude sont intégrés : un plafond d'utilisation quotidien s'applique, et toute personne souhaitant bloquer Gemini peut remplir un formulaire sur le site Android pour que l'IA ne compose plus son numéro.

À noter que Google travaille en parallèle sur d'autres limites pour ses modèles vocaux : Gemini 3.8 Flash TTS : pas de clonage vocal dans AI Studio en France, une restriction qui illustre bien la prudence de l'entreprise sur ce terrain.

Et en France ?

Rien n'est prévu pour l'instant. Google n'a communiqué aucune date ni feuille de route pour les marchés hors États-Unis, selon Android Authority. Le cadre réglementaire européen complique le déploiement : la CNIL et le RGPD soulèvent des questions sur le consentement et le traitement des données personnelles dans des appels passés de manière autonome par une IA. L'AI Act impose par ailleurs des exigences de transparence pour les systèmes d'agents autonomes — exigences que Google semble précisément tester avec ce lancement limité, comme le note TechCrunch.

La concurrence locale sur ce créneau est encore absente : ni Mistral ni OVHcloud ne proposent d'équivalent en phase publique. Google a donc le temps de fignoler sa copie avant d'envisager une expansion européenne — sans préciser quand ce moment arrivera.